
Chaque année, autour du week-end du 4 juillet, une petite ville agricole du Nouveau-Mexique se transforme, le temps de quelques jours, en rendez-vous incontournable de la culture ufologique mondiale. C'est le Roswell UFO Festival, qui attire chaque année plusieurs milliers de visiteurs venus célébrer — avec sérieux ou par jeu — l'un des événements les plus discutés de l'histoire américaine contemporaine : l'incident de Roswell de 1947.

Tout part d'un épisode resté flou près de huit décennies après son déroulement. Au tout début de l'été 1947, un homme travaillant sur des terres agricoles au nord-ouest de la ville tombe sur des fragments métalliques qu'il ne parvient pas à identifier. L'armée de l'air américaine communique d'abord, brièvement, sur la récupération d'un « disque volant », avant de rectifier le tir et de parler d'un ballon-sonde météorologique. Cette rectification, tardivement jugée insuffisante par une partie du public, a nourri des décennies de théories, de témoignages contradictoires et de débats — jusqu'à faire de Roswell un nom associé, dans l'imaginaire collectif, aux objets volants non identifiés bien au-delà des frontières du Nouveau-Mexique.
C'est dans ce sillage qu'ouvre en 1991-1992 l'International UFO Museum and Research Center, installé dans un ancien cinéma du centre-ville, à l'initiative de Walter Haut et Glenn Dennis, deux figures locales associées à l'affaire. Le musée, aujourd'hui fréquenté par plus de 220 000 visiteurs par an, sert de point d'ancrage à un festival qui s'est structuré au fil des ans autour de lui, sans jamais s'y limiter.
Le festival 2026 s'est tenu du 2 au 4 juillet, sur Main Street, dans le centre historique de Roswell. Selon les organisateurs de MainStreet Roswell, l'édition a réuni plus de 12 000 visiteurs sur trois jours — un chiffre encore provisoire au moment de son annonce.
Le programme illustre bien la double nature de l'événement, à la fois lieu de discussion sérieuse et grande fête costumée. D'un côté, des conférences réunissant chercheurs, auteurs et anciens responsables gouvernementaux venus présenter leurs travaux ou leurs théories sur l'affaire de Roswell et, plus largement, sur le phénomène ovni. De l'autre, un concours de costumes extraterrestres organisé sur la pelouse du tribunal du comté de Chaves, des parades, des marchés d'artisanat, des concerts en plein air et un « Alien Crawl » qui fait visiter aux festivaliers les bars et restaurants de la ville, tous rebaptisés pour l'occasion sous une thématique galactique.

Cette cohabitation entre rigueur documentaire et second degré assumé est précisément ce qui distingue Roswell d'autres rendez-vous ufologiques plus confidentiels : le festival ne cherche pas à trancher entre sceptiques et convaincus, mais à faire coexister les deux publics dans un même espace festif.

Au-delà de son folklore, le festival est devenu un moteur économique pour une ville d'environ 45 000 habitants. Hébergement, restauration, commerces de souvenirs à thématique extraterrestre : l'événement génère des retombées financières significatives sur un temps court, dans une région par ailleurs peu touristique le reste de l'année. Le musée lui-même, avec ses cinq millions de visiteurs cumulés depuis son ouverture, fonctionne toute l'année comme une vitrine permanente de ce positionnement touristique assumé.
La prochaine édition, prévue début juillet 2027, marquera le 80ᵉ anniversaire de l'incident de 1947 — une échéance que la ville et ses organisateurs s'apprêtent déjà à mettre en avant. De quoi confirmer, une fois de plus, la capacité de Roswell à transformer un mystère non résolu en rendez-vous populaire durable.
Source : page Facebook officielle du Roswell UFO Festival — facebook.com/roswellufofest.